HYPNOSE

En vous promenant sur ce site, vous avez lu que, pratiquant la psychothérapie, dans le courant du transpersonnel, je peux utiliser des états de conscience modifiée, élargie… par diverses méthodes et techniques. L’hypnose est le seul endroit « reconnu » de notre monde moderne qui utilise le mot « transe ». Ce que je faisais pouvait être proche, ou identique à l’hypnose.

Issu du XVIIIe siècle, le terme hypnose vient du mot grec hupnoein qui signifie endormir. Cependant, l’hypnose n’a rien à voir avec le sommeil et correspond plutôt à un état d’« hyperconcentration détendue » où la personne reste consciente mais son souvenir pourra être flou ensuite.

hypnose_img_1Avec l’hypnose, c’est tout un monde qui s’ouvre. Dans les traditions anciennes, des guérisseurs ou des chamans ont utilisé des techniques de mise en transe comme outils de guérison. Ce sont des pratiques proches du fonctionnement de la vie. L’occident le « redécouvre »et expérimente son potentiel thérapeutique depuis le XVIIIe s (le médecin Anton Mesmer). Les français ont repris le flambeau dont des neurologues Bernheim et Charcot avec des techniques de suggestions directes. Freud utilisait l’hypnose, avant de mettre au point sa technique de libre association de la psychanalyse.

L’alliance avec l’inconscient est centrale dans l’hypnose. L’inconscient n’est pas que déviance ou folie. Il nous permet la vie, et il en sait bien plus que le conscient. De nouvelles techniques se développent. On ne cherche plus à éliminer les symptômes, mais on les écoute et les respecte en demandant leurs significations. Aucun expert ne peut décider d’intervenir sur un symptôme tant la structure psychophysique est complexe. C’est l’apport de Milton Erickson. Son travail a été mis en méthode, reproduit. Ce thérapeute hors du commun ne faisait jamais la même chose. Il sollicitait la créativité de l’inconscient et l’invitait à exprimer ce qui pourrait être changé pour rendre une situation moins difficile.

L’hypnose ne fonctionne pas de façon linéaire, elle suit le cheminement « erratique » de l’inconscient. Avec plusieurs techniques, elle provoque un dialogue entre celui-ci et le conscient. Cela active les pouvoirs d’autoguérison. Erickson disait : « L’hypnose, c’est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne. ».

Savez-vous que la majorité d’entre nous expérimente régulièrement une forme légère de transe hypnotique? Il arrive parfois que, centrés sur une idée ou une sensation, nous fassions complètement abstraction de la réalité environnante tout en poursuivant des activités comme marcher, laver la vaisselle ou conduire la voiture… et rater la sortie de l’autoroute. L’état hypnotique peut donc survenir naturellement et régulièrement chez la plupart d’entre nous.

Vous aurez compris que l’hypnose n’est pas magique. Elle demande son temps et votre participation dans la vie de tous les jours. Il s’agit de votre changement pour votre mieux. L’hypnothérapeute invite donc l’inconscient du sujet à se défaire de ses idées nuisibles et à les remplacer par des idées plus justes, qui correspondent mieux à ses valeurs. Entre les séances d’hypnose, le sujet est invité à mener un travail personnel, selon le type de problème en cause, parfois en autohypnose, pour renforcer graduellement la modification des comportements problématiques.

Pour que le processus suive son cours, le sujet doit absolument être volontaire et faire confiance à la personne qui l’hypnotise. Toute consigne qui choquerait ses valeurs serait immédiatement refusée et il sortirait de la transe hypnotique. On ne peut donc pas « contrôler » les facultés mentales du sujet. On ne peut que lui « faciliter » l’accès à un état naturel propice à l’accomplissement d’un travail psychologique ou psychophysiologique.

hypnose_img_2Dans la pratique, quand vous venez me voir, j’utilise l’hypnose comme une technique possible de ma boite à outils. Bien sur vous pouvez me demander de l’utiliser exclusivement. Mais elle n’est pas forcément celle qui est la mieux adaptée au moment, à la situation et à vous. Je suis d’abord praticien en psychothérapie, thérapeute, c’est à dire professionnel du prendre soin.

Je vous donne un exemple : Une personne venait pour arrêter de fumer. J’ai accueilli sa situation. L’hypnose est une très bonne aide, l’acupuncture aussi ainsi que des plantes et l’homéopathie. Si quelqu’un fume, ce n’est pas pour rien, personne n’aime s’intoxiquer. Il y a des réels bénéfices, fumer aide à quelque chose dans la vie et c’est cela qui va manquer, bien plus que la nicotine. Nos besoins et dépendances sont souvent autrement que ce que l’on imagine. Nous avons pu mettre cela en lumière : Simplement accepter le besoin d’aide émotionnelle et relationnelle que cette personne avait dans sa vie professionnelle et personnelle. Le nuage de fumer venait amoindrir et endormir la sensibilité. Cette personne a arrêté de fumer d’un coup sans hypnose. L’élan était donné. Elle a mis en place de nouvelle régulation saine pour son équilibre. Ce qui est vrai pour un, ne l’est pas pour un autre. Il s’agit toujours de trouver ce qui est bon maintenant. C’est ce qui fait dire à certain que « tout est hypnose » (R Bandler). C’est un chemin dont je suis accompagnateur et comme M. Erickson, je peux dire : je ne sais pas ce qui va ce passer, mais je suis très curieux de le découvrir.

Pour finir ces quelques mots de F. Roustang, hypnothérapeute renommé :

« Pour moi, le patient n’est pas un malade mais un maladroit, c’est-à-dire quelqu’un qui, dans la vie et avec son entourage, ne fait pas les gestes justes. Mon message est de lui dire : « Si vous voulez aller mieux, c’est très simple » ; mais le problème, c’est que… c’est très difficile d’être simple. Et seul le « lâcher-prise » peut nous permettre d’y arriver.
hypnose_img_3Lâcher prise, c’est renoncer aux intentions, aux projets, à la maîtrise de son existence. C’est un abandon de la pensée, de la volonté, et même du résultat. Quelqu’un qui ne cherche plus rien n’attend plus rien, devient disponible et s’ouvre à quelque chose d’autre. C’est cela la magie : laisser venir les forces vives qui sont en nous.
C’est difficile parce que nous avons l’habitude de vouloir maîtriser notre existence. Dans notre monde, si nous voulons quelque chose, il faut avoir un projet, une stratégie. Mais quand notre existence subit des modifications, il faut s’y prendre autrement. La vie est toujours une invention, mais pour inventer, il faut se laisser inspirer. C’est l’histoire de tous les poètes, de tous les peintres, de tous les créateurs, et c’est aussi celle du patient qui veut guérir. Inventer demande d’accepter l’aventure et l’inconnu. On ne peut pas savoir à l’avance ce qui va se passer. Une patiente m’a dit, il y a quelques jours : « Je sais que le bonheur est à portée de main, mais cela modifierait tellement de choses dans mon existence que je n’ai pas envie de changer ! »

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