Thérapie expressionnelle

 

Art thérapie ou expression créatrice

artec_01_img1Les ateliers d’expression créatrice sont issus du mouvement de psychologie humaniste, de l’orientation non-directive en psychothérapie, des dynamiques de groupe d’inspiration existentielle, de C. Roger et M. Pagès. Ils ont été créé par Guy Lafargue qui prône pour l’animateur / thérapeute et l’introduction active des médiations créatrices.

Dans la non-directivité, l’être est replacé dans une position référentielle : « Le corps dans sa totalité musculaire, affective, émotionnelle et psychique, est le théâtre de tous les langages susceptibles de naître en lui ».

Le terme « Art Cru » désigne un processus de création que des personnes sans aucune expérience artistique déclenchent à l’occasion d’une crise intérieure, processus qui n’est pas centré sur l’objet et la performance, mais sur la connaissance et la réalisation de soi. C’est un travail de formulation dont le but est la reconstitution de soi.

Cadre, environnement, animation… tout est conçu pour favoriser la spontanéité créatrice. Les ateliers ont lieu en petits groupes. Les matériaux sont mis à disposition sans aucune direction technique. Il ne s’agit pas d’apprendre à peindre, à sculpter ou à danser… L’animateur doit s’interdire toute intrusion, interprétation, ou évaluation. Le temps de parole n’intervient qu’après. Les personnes qui y sont passées évoquent un cheminement intérieur. Devant une feuille blanche, laissé sans directive et entouré de gens dans la même position, l’individu se retrouve bientôt face à lui-même, dans un double mouvement de plaisir (jouissance de peindre ou modeler de l’argile…) et de souffrance (souffrance d’un vécu que cette situation autorise à laisser resurgir).

« Le fait de faire quelque chose de sa souffrance permet de l’intégrer véritablement, de la vivre différemment et donc, de la dépasser. »

artec_01_img2C’est d’un déconditionnement, d’une expérience émotionnelle liée à l’enfance, à des traumatismes divers.

« L’activité pédagogique consiste à écouter les personnes, à les aider à se relier à ce qui les habite, à ce qu’elles sont capables de dire. Or, quand ce travail est bien fait, l’expérience a des effets profonds. »

Les ateliers expérientiels sont ouverts à tous. Ils se déploient dans les directions de la thérapie (psychothérapie à médiation artistique), du développement personnel (art-thérapie créatrice) et du lien social (actions d’art social).
 Ses champ d’application sont en lien avec l’éveil esthétique, l’éducation des enfants en difficulté affective, le soin à la personne en institution psychiatrique, l’intégration sociale des marginaux et l’accompagnement des personnes handicapés. Se raconter par l’image et la matière, par le mot poétique ou logique, par le geste ou le son; donner corps, image, matière au texte et au silence de soi !

Au sein d’une relation singulière, le processus de création et la transformation de la matière engagent la transformation de la personne elle-même et du monde qui l’entoure.

artec_01_img3Le vivant s’exprime avec une qualité et des intensités remarquables dans les Ateliers. Il y a la souffrance produite par les altérations du vivant. Elle a conduit la personne  à demander un cadre de soin, thérapeutique, et  à solliciter le concours de la compétence du thérapeute. L’Art Cru vise l’élucidation des traces laissées au profond de nous-même, dès le moment où nous sommes vivants (archaïque infantile, péri natale…)

L’utilisation de protocole ou de méthodes n’est pas favorisée, comme cela est le cas en art thérapie (une Art-Thérapie fondée sur les apprentissages esthétiques, la communication artistique et l’adaptation sociale). Les personnes sont invitées à s’approcher de la possibilité de franchir de manière significative l’inquiétude du vide, qui, seule, ouvre à la parole de l’autre. L’expérience du vide, selon moi, doit être faite non seulement au niveau du langage, mais d’abord et essentiellement, au niveau de l’acte instituant lui-même du jeu. C’est l’agir instituant qui est au coeur du travail mutatif. Et l’expérience montre qu’elle est de surcroît, productrices d’oeuvres créatrices d’une très grande puissance et d’une immense générosité.

artec_01_img4Le CRU n’est pas centré sur l’art mais sur la création d’un cadre et d’un dispositif producteurs, de façon privilégiée, de mouvements internes puissants de l’affectivité, aux prises avec les fascinations du désir et de la mort, qui y puise ses énergies de création et de renouvellement. Et à coup sûr, le travail le plus sensible des animateurs dans cette orientation non-directive de l’action c’est bien la position d’accompagnement latéral, d’écoute de la parole spontanée  et de tenue du temps de parole, qui n’est ni un temps d’enseignement, ni une surface d’ ajustement ou d’endoctrinement culturel, mais bien une aire d’écoute et d’élaboration des signifiants, de ce qui de la production d’objets (et de la production de structures) fait sens, est révélation de la structure inconsciente mise en jeu dans le langage. Ce n’est pas d’abord une recherche sur le langage comme cela est le cas dans la recherche artistique, mais une l’exploration de la parole comme constituante essentielle de l’avènement du sujet.

« Source de l’expression créatrice, il y a un être humain que
nous nommons le créant, capable d’être suffisamment mécréant
avec ses propres certitudes pour oser l’inconnu. »

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« ART CRU MUSEUM » créé par Guy Lafargue en 1984. Il regroupe plus d’un millier d’oeuvres d’Urgence d’un expressionnisme corrosif, conçues par des personnes qui ont découvert l’experience créatrice au détour de crises existentielles. Créateurs autodidactes pour beaucoup artec_01_img6d’entre eux, sans formation artistiques, tous ont mis en scène avec une vigueur profondément émouvante, parfois terrifiante, les spectres de leur monde intérieur.

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