PSYCHOLOGIE TRANSPERSONNELLE

Le courant transpersonnel est issu de la psychologie humaniste (centrée sur la personne), cofondé par le psychologue Abraham Maslow. Son travail sur les besoins humains (pyramide) finit par intégrer la dimension spirituelle, comme obligatoire pour la complétude de l’être. Il a affiné le besoin le plus élevé de réalisation de soi pour y incorporer les notions de dépassement de soi ou de transcendance (besoin de vivre des expérience d’unité et de lien avec la création, le cosmos, et d’amour inconditionnel envers l’humanité et le vivant).

Psychologie transpersonnelle

A. Maslow, A. Sutich et S. Grof créent l’association pour la psychologie Transpersonnelle en 1969. C’est une cousine proche de la thérapie Gestalt, issue elle aussi du courant humaniste. Le transpersonnel est dans la suite du travail de C.G. Jung, qui le premier a utilisé ce terme, et aussi de R. Assagioli (la psycho synthèse). Freud avait disqualifié le spirituel et la religion comme une fuite de la réalité humaine (souffrance, mort…) et une manipulation des religions. De fait, les croyances peuvent être fondées sur des mécanismes de peur et d’évitement, mais la spiritualité saine se révèle être la fine fleur de l’expérience humaine. L’utilisation du mot transpersonnel, « au-delà de la personne, et à travers elle » est pour échapper aux appartenances et tensions culturelles des traditions. Elles expriment une part du mystère de la vie. Le transpersonnel essaie donc de relier ces héritages de l’humanité et d’en faire ressortir l’universel. Des techniques sont ajustées. Des nouveaux modèles de la psyché naissent. Ils sont confirmés par l’expérience et la recherche, notamment du travail de S. Grof. Le transpersonnel, au-delà de la psychologie, s’étend dans un mouvement de pensée pluridisciplinaire fécond où se rallie nombre de chercheurs (sciences quantiques, astrophysique, biologie, neurosciences…), pour une métaphysique de la vie, ouvrant le paradigme matérialiste.

Psychologie transpersonnelle

Dans la pratique, la psychologie transpersonnelle intègre les connaissances des psychologies précédentes (TCC, Psychanalyses, Humanistes). Pour simplifier, la psychanalyse nous a codifié un inconscient qui produit différentes mécaniques intrapsychiques à explorer. C’est le retour sur l’histoire passée : biographique et généalogique, l’analyse des désirs profonds et de l’agressivité refoulée, qui empêche de vivre le moment présent. Le coté comportemental propose des reprogrammations pour être conforme à l’environnement. La psychologie humaniste replace l’homme au centre, libre, capable de faire des choix et de les assumer. Son corps est réhabilité avec une place aux émotions. Il existe dans l’inter relationnel. Le transpersonnel s’allie au désir de vie qui nous anime, le sain plus grand que nous, « êtres spirituels incarnés ». Le transpersonnel est d’abord une posture avec une conception de l’être.

Le praticien peut offrir une approche classique et simplement rester dans une ouverture d’accueil à un plus grand qui s’exprime pour qu’il prenne sa place. Il peut aussi proposer et utiliser des techniques qui apportent un état de conscience plus vaste :

L’élargissement de conscience est tout à fait naturel. Nous en faisons l’expérience dans notre vie. Ainsi un paysage ou un coucher de soleil peut nous induire dans un autre espace d’union, de lâcher prise et d’ouverture, de même l’état d’amour…

Cet état est dit de transe et peut être induit de bien des façons : relaxation ou méditation profonde, hypnose, techniques respiratoires ou énergétiques, rêve éveillé, visualisation… Ces explorations existent depuis la nuit des temps : traditions primordiales, des chamanisme aux religions, philosophies, etc.

L’élargissement de conscience permet de sortir des conditionnements de notre petit monde pour l’actualisation des besoins notre être : Guérir l’égo, pour au-delà, révéler l’être. La pratique vise la pleine réalisation de la personne dans toutes ses dimensions (sacré, économique, écologique, etc.). L’ego s’efface et abandonne sa suprématie. A partir d’équilibre d’assise solide, l’être humain pourra atteindre d’autres dimensions pour une conscience plus vaste de la réalité.

Ces expériences, conduites dans des bonnes conditions, ont une valeur thérapeutique et évolutive. Le quotidien se vit mieux, dans une ouverture du cœur et une plus grande conscience des différents niveaux de reliance de notre vie. Une part est redonnée à la logique intuitive, ce qui équilibre notre structure cérébrale. Albert Einstein : « le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don.»

C’est l’invitation à un voyage en soi-même, déplacement qui ouvre au plus grand, pour découvrir notre dimension essentielle. Ce passage peut nous faire rencontrer des inscriptions de la naissance et de l’intra-utérin, de l’inconscient collectif et des archétypes porteurs de la vie et de la création. La différenciation entre le moi et le Soi est expérimentée.

Psychologie transpersonnelle

La personne est considérée comme constituant un tout avec différents niveaux : corps, cœur, pensée et âme. C’est une perspective globale et universelle, pour un travail de conscience. La notion de l’amour est centrale dans la relation thérapeutique. Elle permet l’épanouissement.

Bien que la psychologie transpersonnelle n’ait pas une grande place en France (le monde de la psychologie n’est pas unifié et est constitué de visions et d’écoles), elle a une bonne place dans le monde, en Europe, dans les pays de l’est et en Amérique dont les universités délivrent des doctorats de sa matière. Avant tout, la qualité d’un thérapeute ne dépend pas de son école. Il y a des bons thérapeutes dans tous les mouvements de psychologie. C’est l ‘être thérapeute qui fait la différence. Les thérapeutes « moyens » copient les méthodes. Les bons thérapeutes s’adaptent et sont créatifs selon leurs patients qui sont toujours uniques.

Jung : « La personne est donc, en définitive, mouvement vers un transpersonnel, qu’annoncent à la fois l’expérience de la communion et celle de la valorisation. »

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