Cultiver le vivant

Yang Sheng

La Tradition Chinoise a développé une profonde connaissance avec de multiples disciplines, d’hygiène de vie, de prévention pour l’équilibre (physique et psychique), des méthodes pour cultiver le vivant : Yang Sheng Fa. Cet ensemble regroupe les techniques de respirations, de relaxations, de concentrations ou méditations, d’auto massages et massages, de mouvements, de marches, de gestion du stress et des émotions, de nutrition… autant de moyens pour lâcher ce qui nous entrave et renforcer nos énergies afin de retrouver et conserver un état vital et dynamique de bien être : la santé, pour aller vers une plus grande unité du corps et de l’esprit. C’est un art de vivre et de longue vie dans le respect des rythmes biologiques et physiologiques, de l’écologie, qui développe une vraie culture qui tient compte de la constitution de chacun et de l’environnement.

« être conscient de son union profonde avec la nature, c’est atteindre la parfaite harmonie »
Lao Tseu

Ses idéogrammes expliquent bien le sens de yang sheng

L’idéogramme Yăng 養 signifie « Nourrir », « Engendrer », « Éduquer », « Cultiver ». Le caractère idéographique est composé de deux caractères : en haut (la clé ou radical) le caractère Yáng 羊 (signifiant « mouton ») est utilisé ici comme élément de sens phonétique pour indiquer la prononciation du caractère ; en bas le caractère Shí 食 (signifiant « manger ») est utilisé en général pour désigner tout ce qui a trait à la nourriture. Ainsi, le sens global de ce caractère va bien au-delà de la simple idée de nourriture (solide et liquide), et intègre de la même manière le concept plus large d’éducation, de transmission de culture et de savoir.
Le caractère traite du rapport que chacun d’entre nous entretient avec la chaine sans fin des générations. Il signifie en effet nourrir ses descendants et ascendants dans le sens d’éduquer ses enfants et entretenir ses parents.

L’idéogramme Shēng 生 signifie, quant à lui, « Se produire », « Se former », « Engendrer », « Croître », « Mettre au monde », « Faire vivre », « Entretenir », « Vie », « Vivre ».  Le caractère idéographique Shēng montre ainsi une plante enracinée dans le sol (trait horizontal de la base) et dont la tige centrale (trait vertical) a produit deux ramifications (deux traits horizontaux supérieurs) d’où émergent un bourgeon en formation (virgule en haut à gauche).

Ecrire l’idée de « vivre » avec la représentation d’une poussée printanière est plus qu’une image, c’est un manifeste philosophique. La vie n’est pas un état mais une continuelle renaissance. Le caractère vivre ne représente pas en effet une pousse sortant de terre, la plante qu’il dessine a déjà vécue et vivra encore tout au long du cycle sans commencement connaissable, ni fin prévisible de la ronde des saisons. (Cyrille J.D. JAVARY)

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  • En diminuant progressivement les petites erreurs que nous faisons quotidiennement et qui, peu à peu, affaiblissent notre terrain.
  • En mettant en place des techniques simples qui permettent de relancer la vitalité du corps et la capacité d’auto-guérison.
  • En améliorant la compréhension des causes des maladies et des processus de vieillissement.
  • En décodant certaines alertes qui permettent d’anticiper des déséquilibres majeurs pour la sérénité

Les concepts très importants du Yang Sheng nous viennent d’une tradition ancestrale qui sont souvent oubliés dans notre société moderne (rentabilité, mode…). Pour chaque espèce vivante, la durée de vie diffère. Pour l’homme, elle est estimée à 120 ans, mais elle  peut durer plus ou moins longtemps. C’est la nature qui détermine notre durée de vie, mais l’individu la raccourcit plus ou moins. La pratique du Yang Sheng, accessible à tous, permet à l’homme de gagner en longévité en préservant la santé et l’harmonie à travers des activités quotidiennes. C’est une banche importante dans la Médecine Traditionnelle Chinoise des méthodes de prévention, de renforcement et de l’hygiène de vie. Dans la Chine ancienne, les gens payaient un médecin tout au long de leur vie, non pas pour les guérir mais afin de les maintenir en bonne santé. « Actuellement, on prescrit des drogues quand la maladie est bien établie, on traite les troubles lorsqu’ils se manifestent. C’est creuser un puits quand vient la soif, c’est forger les armes après avoir déclaré la guerre.” Le sage prévoit un trouble avant sa manifestation.

« L’être (corps, cœur et esprit) n’a pas été construit pour tomber malade, mais pour s’auto-guérir en permanence, encore faut il se redonner cette capacité »

cultiver_le_vivant_img2Dans le yang sheng, il y a aussi l’idée de nourrir le principe vital que l’on retrouve dans le taoïsme. L’intérêt est alors plus que physiologique. C’est la quête d’immortalité à travers l’alchimie du raffinement de nos essences jusqu’à l’Esprit ou nait l’enfançon, de même façon que l’embryon pour une nouvelle naissance. Comme un papillon ou une cigale sort de sa chrysalide, le corps grossier meurt, pour un être subtil, léger, un corps de pure lumière. Ce corps immortel se fabrique mystérieusement à l’intérieur du corps mortel dont il remplace les éléments périssables. Selon les taoïstes, C’est la délivrance du cadavre, qui demande notre participation active : « les gens du monde ont peu de vertu, leur accomplissement de bonnes actions n’est pas complet… ils ne peuvent se délivrer du cadavre et être sauvés ». L’homme est fait d’un corps, Xing, à l’intérieur duquel sont : l’essence, jing, le souffle, qi, et les esprits, shen. Leur réunion constitue la personne. Chaque élément est à nourrir : yangqi, nourrir le souffle, yangshen, nourrir l’esprit et yangxing, nourrir le corps, pour nourrir le principe vital yangming.

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